Partager l'article ! Le JOCOND et le costume dans la communauté gay comme signe distinctif: L'auteur Sophie HERFORT, nous fait le plaisir ...
L'auteur Sophie HERFORT, nous fait le plaisir de développer en public sa théorie sur l'identité de la Joconde ( voir le livre) le 21 octobre 2011 à 19h à la Librairie les Mots à la Bouche dans le IVème arrondissment de Paris. Cette soirée sera bien plus qu'une simple dédicace, ce sera l'occasion pour les amateurs d'arts de poser les questions les plus techniques sur la méthode picturale de Léonard de Vinci. Mais aussi de démêler et de comprendre la vie de la communauté homosexuelle dans la Renaissance florentine.
L'émergence de la communauté dans les années 1980, ne doit pas occulter les subterfuges que les gays et lesbiennes ont dû inventer au cours des siècles passés pour exister. A chaque époque correspond des codes connus des seuls introduits. Dans le cas des années 1480, Sophie Herfort nous apprend que les bas particulièrement colorés ou un surcot très court étaient des signes ostentatoires clairement compréhensibles. Un peu comme la moustache dans les années 1970 ou le jeans hyper moulant des années 1980. Dans cet ouvrage on découvre un Léonard de Vinci audacieux et respectueux, qui ne milite pas spécifiquement pour la "cause" mais vit sa vie. Il redoute l'inquisition et les coups bas, c'est pourquoi il se fait discret, pourtant nombreux sont ceux qui devaient deviner son penchant au vu de son comportement et de ses costumes.
Cet ouvrage nous interpelle à plus d'un titre. Par exemple pourquoi la communauté a t-elle besoin de signes distinctifs? Aux risques de passer pour une mafia qui vampirise la société? On pourrait évoquer le besoin de rapprochement, de solidarité? Mais pourquoi choisir des signes ostentatoires? Comme les bas roses au XVème siècle, le dandysme à l'extrême au XIXème, ou le gloss dans les années 2000? Cette réponse est loin d'être évidente, car c'est l’une des grandes différences qui sépare la communauté gay de la communauté lesbienne qui conceptualise aussi des signes distinctifs mais dans la discrétion. Alors pourquoi les hommes homosexuels osent-ils prendre tant de risques autant vis à vis de la loi que de la vindicte populaire? Est-ce volontaire ou inné? Nous pourrions supposer qu'ils assument davantage? Cet argument est valable que pour quelques personnalités, comme Boy George. Chez les femmes comme Gertrude Stein (1874-1946) au début du XXème siècle qui assumait parfaitement son homosexualité, elles portaient des signes parfaitement lisibles pour la communauté lesbienne lesquels restés peu compréhensibles du large public à cette époque.
La recherche du vêtement audacieux chez la communauté gay est peut-être une question génétique? Un genre de dimorphisme sexuel poussé à l'extrême? L'un des arguments les plus atypiques est l'analyse que nous pourrions ébaucher sur la communauté trans. Une majorité des femmes qui font leur transition pour devenir des hommes, auront une allure masculine et des attitudes masculines mais discrètes. Les hommes qui font une transition vers la femme, vont en plus rechercher à devenir la femme Fatale. Il y a là une différence réellement intéressante. Le transgenre devenu femme accumulant maquillage, tailleur jupe, et hauts talons. Ne cherchant aucunement à passer inaperçu, elle recherche à évoquer une Marlène Dietrich (1901-1992) ou une Greta Garbo (1905-1990). Nous pouvons constater ce même phénomène chez entre les drag Kings et les drag Queens. Les hommes ont tendance à être plus visibles. Peut-on à partir de ces exemples, définir une théorie de l'inné? Il serait trop audacieux et dangereux de clôre le débat sur une telle conclusion. Cette question mérite un développement plus large et approfondi dans le temps et les aires géographiques. Qu'en est-il des Hijras d'Inde, les Hétoros de Papouasie Nouvelle Guinée ou des feminelli de Napoli?
Pourtant il est clair que cette distinction dans le port du costume entraîne une distinction de traitement dans la société. En effet la communauté gay a un impact plus fort que la communauté lesbienne car elle est plus visible que celle-ci. Grâce aux électrons libres gays, la communauté a vu rejaillir sur elle, une audition et un pouvoir de parole très fort. Dans ce sens on peut se rappeler les films de la Cage aux folles lesquels malgré leur stéréotype ont permis à la communauté gay de renforcer une existence publique et autorisées dans les années 80.
Nous devons aussi parler de la follassophobie. Car ces films présentant des gays très précieux aux vêtements colorés ont eu pour effet de diviser la communauté. Encore aujourd'hui le mouvement Bears et Cuir rejette clairement et souvent avec virulence les "folles". Avec l'argument qu'ils offrent au grand public, une vision faussée de la réalité et que leur comportement est anti-productif pour l'entente avec les hétérosexuels. Pourtant sans leur extravagances dans les années 1970-80, l'émergence de la commuanuté eut été impossible. Car leur visibilité à obliger les média à les écouter. Cette dichotomie, cette fraction est très marquée à l'heure actuelle. Ceci explique, le rejet souvent simpliste les électrons libres.
Le tour de force de l'ouvrage de Sophie Herfort est de nous repositionner dans le XVème siècle et de nous inviter à comprendre que déjà à cette époque les homosexuels se distinguaient plus ou moins volontairement. Elle réussit à retransmettre le trouble de l'artiste sur ces questions et de nous ouvrir les yeux sur des réalités insoupçonnées. Cet électron libre qu’est l'élève de Léonard de Vinci, constamment irrévérencieux et dispendieux, brûle la vie. Il est clairement incontrôlable et déjanté, mais ce devait être une personne festive avec laquelle tout était possible, il n'avait peur de rien, ni de choquer, ni de déplaire. Autant Léonard de Vinci fut un artiste de talent dans ses œuvres, autant son élève a appliqué l’aphorisme d'Oscar Wilde (1854-1900) : Mon œuvre d'art, c'est ma vie ! Ce tourbillon d'énergie et d'inattendus a dû séduire au combien un génie aux règles clairement définies.
Venez nombreux à la soirée de dédicace et de conférence du vendredi 21 octobre à 19h à la librairie Les Mots à la Bouche, je ne doute pas que les débats seront passionnants et passionnés.