Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 12:19

 

 

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LA SALADE D’ORANGE DE STANLEY KUBRICK, 2012 Collectif Faim d’Art composé de : Marie Paule CHARLES écrivain, Cassandre LAVOIX, photographe et Eugénie LEVET Graphiste 60 x 90 cmTirage d’art contrecollé sur une feuille d’aluminium reposant sur un châssis

 

 

 

 

VERNISSAGE LE 31 MARS A PARTIR DE 18H

1 TER, AVENUE DESFEUX 92100 Boulogne-Billancourt

 

Du lundi au dimanche de 10h à 19h30

 


LES ARTISTES EXPOSES 

 Franck SEVES -  Florence NIEF BENHAMOU - Henry HANG - Benoit TRIFFAULT -  Yon COSTES -  Isabelle CAPPE -  Rio DELAFEUILLE -  Benoit ATL -  Claude CAMELO - Catherine CAVIN - HARRY (JL&H) -  Karim AZEKI - Collectif FAIM D’ART - Grégoire FRANÇOIS - Carl Henning PEDERSERN - Raul Da COSTA CAMELO - Kevin PARIENTI - Stephane PAGAN - Franck CARNAULT


 SAMEDI 31 MARS 

 

17h – Rendez-vous de l’art et de la mode avec le Fashion Show

POWERS OF COLORS de Stéphane PAGAN.

 

17h30 – performance I LOVE COLORS de Franck CARNAULT

 

20h    Concert acoustique de JOHN & BETTY

 DIMANCHE 1ER AVRIL 

 

11h – performance artistique de Frank SEVES


 14h – performance I LOVE COLORS de Franck CARNAULT

 

Avec les soutiens de:
Espace K - Commérages production - Elisabeth de la Presle, Art Consulting - Melville Theater - Stéphane Pagan - La boutique du Feng Shui - Etincelle Video - Dorval Editions - Hanacom - Thierry Tessier & Cie - Société Ricard


CONTACT PRESSE:
Thierry TESSIER-06 75 21 39 11 - thierrytessier@hotmail.com
Géraldine POLION - 06 85 33 20 20 - mllepoliongeraldine@gmail.
 com

Stéphane PAGAN - info@stephane-pagan.com

 

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Par Thierry TESSIER - Publié dans : Expositions
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 09:41

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Vente aux enchères publique le dimanche 20 novembre 2011 à 18h30 au Studio Harcourt  

  10, rue Jean Goujon, Paris VIIIème

 Vernissage : vendredi 18 novembre de 18h30 à 21h30 

 Exposition publique et gratuite : samedi 19 et dimanche 20 novembre de 14h00 à 18h00

 

 

CATALOGUE COMPLET sur le site: FREEGOARTS.ORG

 

FREE GO ARTS est d'abord et avant tout le résultat d'un constat, celui au combien difficile de comprendre qu'en France et plus largement dans les pays occidentalisés, la pauvreté n'a de cesse de progresser. Nous assistons à une paupérisation grandissante de la société. La crise dans laquelle nous vivons et qui semble s'accélérer est une véritable épée de Damoclès sur de nombreux foyers. Tout le monde a peur et surveille avec attention l'économie mondiale, tout en étant impuissant. Les subventions européennes en faveur des ONG comme les banques alimentaires ont été sauvées in extremis pour les 2 prochaines années. Mais nous savons tous que la tendance générale est à la limitation des dépenses. Ce n'est qu'un recul pour mieux sauter. Les banques alimentaires sont des acteurs majeurs de la lutte contre la pauvreté. Sans elles, de nombreuses petites structures caritatives ne sauraient trouver l'alimentation. Sans être devin, nous savons tous que les gouvernements européens vont devoir prendre des décisions graves pour maintenir l'endettement des pays. Ce rabotage de toutes les dépenses tomberont aussi sur les subventions des ONG.

 

 

C'est avec cette grave problématique que la Banque Alimentaire a décidé d'offrir une visibilité suplémentaire à son action et d'essayer de récolter des fonds pour ses campagnes. Après 2 editions, FREE GO ARTS est devenue une vente aux enchères d'Art contemporain remarquable, regroupant plus de 70 artistes de renoms parmi les plus côtés de la place Parisienne. Les artistes sollicités, le sont sans aucun retour pécunier, le don est total et il en est d'autant plus fort. Pour l'édition 2011, voici certains des artistes qui participent: Jef AEROSOF, BEN, Mathieu MERCIER, Robert COMBAS, Jacques MONORY, Jean-Charles CASTELBAJAC, Gérard FROMANGER, Philippe PASQUA, CharlElie COUTURE, Florence Nieff BENHAMOU.

 

 

matthieu mercier

Lot N°11 par Mathieu MERCIER

Sans Titre, 2003

Casquette en tissu et marteau - Edition ADIAF

Prix Marcel Duchamp en 2003 pour cette oeuvre

À travers ses sculptures et ses installations, il tourne en dérision nos habitudes domestiques et les caractéristiques de la consommation de masse.

75 exemplaires #58

25,5 x 26 x 32 cm

450 € - 550 €

 

 

L'Art a accessible à tous, chacun a une sensibilité artistique qui sera touchée par l'une des oeuvres. L'Art est universelle, tout comme la nourriture. La démarche de la banque alimentaire est tout à fait remarquable car elle n'est pas misérabiliste ni démagogique. C'est une action construite, avec un objectif simple et un échange où une réelle valeur ajoutée est produite. Car les acheteurs profiterons de la gratuité des commissions. En effet le commissaire-priseur, Pierre Cornette de St Cyr offre gracieusement ses services. C'est une réduction de près de 20%. Un adjudicateur averti peut ainsi acheter un artiste Français connu et côté avec une réduction confortable par rapport au marché de l'art classique.

 

 

 

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Lot N°19 par Alain DECLERCQ

Mange ta main, 2011

Graphite sur papier

Reprise de cette vieille maxime: "si tu as faim mange ta main et garde l'autre pour demain". Critique de la situation sociale actuelle où chacun se bat pour continuer

21 x 30 cm

350 € - 450 €

 

 

 

L'exposition et la vente aux enchères se tiennent au studio Harcourt, temple parisien de la photographie.  Ce choix judicieux permet premièrement d'offrir à chacun de visiter ces salons si agréables de la culture française, et secondement propose d'exposer les 83 oeuvres d'artistes dans des conditions optimales.

 

 

       Mr Brainwash

Lot N°27 par Mr Brain wash

Juxtapose, 2011

Sérigraphie signée et numérotée

Critique avec humour et talent des stérétypes du XXème siècle

96.5 x 127 cm

1.800 € - 2.200 €

 

 


Quelques chiffres à titre indicatif:

  • Personnes sollicitées pour la vente: 3 organisateurs, 7 stagaires de l'IESA, quinzaine de personnes de la BAPIF
  • Le prix le plus bas pour oeuvre commencera à: 150€
  • Le prix moyen des oeuvres est:1.219€
  • Nombre de sponsors: 11

 

 

 

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Lot N°33 par Mr Brainwash

! notre monde?, 2011

Acrylique, matériaux de récupération

120 x 40 cm

450 € - 550 €

 

 

 

faim d'art

 Lot N°73 & 74 par le collectif FAIM D'ART ( Marie-Paule Charles, Eugénie Levet et Cassandre Lavoix)

Le gâteau de François truffaut & le Boeuf- carotte de Claude Sautet, 2011

Tirage d'art

Avec humour et poésie le collectif faim d'art travaille sur le mix entre cuisine d'enfance et le cinéma

40 x 30 cm

200 € - 250 € chaque lot

 

 

 


CATALOGUE COMPLET sur le site: FREEGOARTS.ORG

Par Thierry TESSIER - Publié dans : Expositions
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 03:15

 

DSC02948 Façade GAUDI

 

 

      Couleurs, feux d’artifice, réalité augmentée sont les impressions que l’on ressent quand nous observons les œuvres réalisées par Harry et Jean Luc. Les œuvres déconcertent car ce sont des visions, des paysages connus mais métamorphosés dans un univers onirique dans l’esprit d’Alice au Pays des Merveilles. Un monde acidulé et fantastique.


Harry et Jean Luc Forment un duo d’artistes. A eux deux, ils réalisent et élaborent des œuvres de grandes dimensions. Harry est depuis toujours  un passionné de l’image. La vidéo et  la photographie sont les média qu’il utilise pour révéler le monde dans lequel nous vivons. Son désir : nous aider à voir ce qui nous entoure. Harry choisit un site, une façade, un jardin, et surtout un point de vue. Il choisit des contre-plongées, des  cadrages serrés, l’objectif de l’appareil reste à la hauteur de l’œil humain. C’est un axe de son travail qu’il est important de signaler, l’appareil photo permet de fixer la vision du quidam. Le cliché, une fois choisi, est retravaillé en noir et blanc voir en gris coloré ou selon les couleurs du nuancier Pantone, puis imprimé sur une toile. Ce que les anglais appellent avec élégance une Giclée. C’est à partir de ce moment qu’entre en jeu la virtuosité et les appréciations subjectives de Jean Luc, le peintre. Avec patience, Jean Luc va peindre avec des acryliques une partie de la toile environ 40 à 60% selon des couleurs Pop Art. Au final l’œuvre est éclatante de couleurs avec un rendu festif et mêlant un travail technologique et artisanal.


 

Arbre Bleu JLH

 


L’analyse de ces œuvres s’inscrit à plusieurs niveaux. Si nous nous plaçons à une très petite échelle, nous constaterons que le pinceau a laissé des traces, que les aplats de couleur ont une épaisseur variable, ce qui est le propre de la peinture. Cet aspect rend l’œuvre unique puisque non reproductible. Cette notion artisanale n’est pas visible si le spectateur se positionne à 20 mètres de la toile. Il pourrait croire à une photographie retravaillée avec brio sur Photoshop. En fait c’est un jeu entre l’artisanal et l’industriel, entre l’ancien et le moderne. L’œuvre acquiert ainsi une notion d’intemporalité. Elle traverse et résume toute l’évolution technologique de ces derniers 200 ans.  On pourrait aussi formuler ce questionnement comme un télescopage du moderne et de l’ancien.


Ce qui nous interpelle aussi dans ce travail à 4 mains c’est leur rythme de travail. En effet les œuvres à plusieurs mains ne sont pas rares dans l’histoire de l’art. Par exemple à la Renaissance italienne souvent les fruits étaient peints par les professionnels de la nature morte et les visages par des portraitistes plus aguerris. Dans ce cas de figure, les artistes réalisent avec une totale entente une œuvre cohérente où chaque élément est intimement lié aux autres. Dans les œuvres d’Harry et de Jean Luc, ce n’est pas aussi évident. Nous avons tout d’abord le point de vue subjectif du photographe-vidéaste, puis la vision d’une autre subjectivité, celle du peintre. Afin que les deux aperçus restent visibles et lisibles, le peintre ne recouvre pas la totalité de la toile. La réserve ainsi apparente permet de découvrir l’œil d’Harry. Ces œuvres sont donc le résultat de 2 points de vue, deux subjectivités juxtaposées. Cette notion est très pertinente, elle nous rappelle combien chacun d’entre nous entrevoie différemment l’espace et le temps. Combien il est difficile de comprendre l’univers d’un autre. Mais aussi de réaliser que ce sont ces appréhensions différenciées de notre environnement qui définissent l’individu et la richesse des échanges.

 


Par Thierry TESSIER - Publié dans : Analyse poïétique d'oeuvre d'art
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 11:20

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L'auteur Sophie HERFORT, nous fait le plaisir de développer en public sa théorie sur l'identité de la Joconde ( voir le livre) le 21 octobre 2011 à 19h à  la Librairie les Mots à la Bouche dans le IVème arrondissment de Paris. Cette soirée sera bien plus qu'une simple dédicace, ce sera l'occasion pour les amateurs d'arts de poser les questions les plus techniques sur la méthode picturale de Léonard de Vinci. Mais aussi de démêler et de comprendre la vie de la communauté homosexuelle dans la Renaissance florentine.

 


L'émergence de la communauté dans les années 1980, ne doit pas occulter les subterfuges que les gays et lesbiennes ont dû inventer au cours des siècles passés pour exister. A chaque époque correspond des codes connus des seuls introduits. Dans le cas des années 1480, Sophie Herfort nous apprend que les bas particulièrement colorés ou un surcot très court étaient des signes ostentatoires clairement compréhensibles. Un peu comme la moustache dans les années 1970 ou le jeans hyper moulant des années 1980. Dans cet ouvrage on découvre un Léonard de Vinci audacieux et respectueux, qui ne milite pas spécifiquement pour la "cause" mais vit sa vie. Il redoute l'inquisition et les coups bas, c'est pourquoi il se fait discret, pourtant nombreux sont ceux qui devaient deviner son penchant au vu de son comportement et de ses costumes.


Cet ouvrage nous interpelle à plus d'un titre. Par exemple pourquoi la communauté a t-elle besoin de signes distinctifs? Aux risques de passer pour une mafia qui vampirise la société? On pourrait évoquer le besoin de rapprochement, de solidarité? Mais pourquoi choisir des signes ostentatoires? Comme les bas roses au XVème siècle, le dandysme à l'extrême au XIXème, ou le gloss dans les années 2000? Cette réponse est loin d'être évidente, car c'est l’une des grandes différences qui sépare la communauté gay de la communauté lesbienne qui conceptualise aussi des signes distinctifs mais dans la discrétion. Alors pourquoi les hommes homosexuels osent-ils prendre tant de risques autant vis à vis de la loi que de la vindicte populaire? Est-ce volontaire ou inné? Nous pourrions supposer qu'ils assument davantage? Cet argument est valable que pour quelques personnalités, comme Boy George. Chez les femmes comme Gertrude Stein (1874-1946) au début du XXème siècle qui assumait parfaitement son homosexualité, elles portaient des signes parfaitement lisibles pour la communauté lesbienne lesquels restés peu compréhensibles du large public à cette époque.

 

La recherche du vêtement audacieux chez la communauté gay est peut-être une question génétique? Un genre de dimorphisme sexuel poussé à l'extrême? L'un des arguments les plus atypiques est l'analyse que nous pourrions ébaucher sur la communauté trans. Une majorité des femmes qui font leur transition pour devenir des hommes, auront une allure masculine et des attitudes masculines mais discrètes. Les hommes qui font une transition vers la femme, vont en plus rechercher à devenir la femme Fatale. Il y a là une différence réellement intéressante. Le transgenre devenu femme accumulant maquillage, tailleur jupe, et hauts talons. Ne cherchant aucunement à passer inaperçu, elle recherche à évoquer une Marlène Dietrich (1901-1992) ou une  Greta Garbo (1905-1990). Nous pouvons constater ce même phénomène chez entre les drag Kings et les drag Queens. Les hommes ont tendance à être plus visibles. Peut-on à partir de ces exemples, définir une théorie de l'inné? Il serait trop audacieux et dangereux de clôre le débat sur une telle conclusion. Cette question mérite un développement plus large et approfondi dans le temps et les aires géographiques. Qu'en est-il des Hijras d'Inde, les Hétoros de Papouasie Nouvelle Guinée ou des feminelli de Napoli? 


Pourtant il est clair que cette distinction dans le port du costume entraîne une distinction de traitement dans la société. En effet la communauté gay a un impact plus fort que la communauté lesbienne car elle est plus visible que celle-ci. Grâce aux électrons libres gays, la communauté a vu rejaillir sur elle, une audition et un pouvoir de parole très fort. Dans ce sens on peut se rappeler les films de la Cage aux folles lesquels malgré leur stéréotype ont permis à la communauté gay de renforcer une existence publique et autorisées dans les années 80.


Nous devons aussi parler de la follassophobie. Car ces films présentant des gays très précieux aux vêtements colorés ont eu pour effet de diviser la communauté. Encore aujourd'hui le mouvement Bears et Cuir rejette clairement et souvent avec virulence les "folles". Avec l'argument qu'ils offrent au grand public, une vision faussée de la réalité et que leur comportement est anti-productif pour l'entente avec les hétérosexuels. Pourtant sans leur extravagances dans les années 1970-80, l'émergence de la commuanuté eut été impossible. Car leur visibilité à obliger les média à les écouter. Cette dichotomie, cette fraction est très marquée à l'heure actuelle. Ceci explique, le rejet souvent simpliste les électrons libres.


Le tour de force de l'ouvrage de Sophie Herfort est de nous repositionner dans le XVème siècle et de nous inviter à comprendre que déjà à cette époque les homosexuels se distinguaient plus ou moins volontairement. Elle réussit à retransmettre le trouble de l'artiste sur ces questions et de nous ouvrir les yeux sur des réalités insoupçonnées. Cet électron libre qu’est l'élève de Léonard de Vinci, constamment irrévérencieux et dispendieux, brûle la vie. Il est clairement incontrôlable et déjanté, mais ce devait être une personne festive avec laquelle tout était possible, il n'avait peur de rien, ni de choquer, ni de déplaire. Autant Léonard de Vinci fut un artiste de talent dans ses œuvres, autant son élève a appliqué l’aphorisme d'Oscar Wilde (1854-1900) : Mon œuvre d'art, c'est ma vie ! Ce tourbillon d'énergie et d'inattendus a dû séduire au combien un génie aux règles clairement définies. 

 


Venez nombreux à la soirée de dédicace et de conférence du vendredi 21 octobre à 19h à la librairie Les Mots à la Bouche, je ne doute pas que les débats seront passionnants et passionnés.

Par Thierry TESSIER - Publié dans : Livres
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 16:38

 

La ville fertile, voici un sujet vaste et qui nous concerne tous. La ville est l’un des enjeux majeur du prochain siècle, avec des mégalopoles de plusieurs dizaine de million d’habitants, comment peut-on concilier nature et humanité ? Comment dessiner les contours d’une ville aimante et agréable ? Pour répondre à ces questions, l’exposition à la cité de l’architecture et du patrimoine s’articule autour de trois axes. Le premier est d’ordre chronologique, le deuxième illustre grâce à des exemples précis les solutions apportées actuellement et un troisième axe développe les thèmes porteurs sur lesquels urbanistes, paysagistes et architectes réfléchissent.

 

La place du jardin dans l’espace urbain a toujours été important et a constamment été un lieu remarqué et remarquable. La première partie en fait écho et nous rappelle que par exemple les jardins suspendus de Babylone restent encore aujourd’hui, dans l’imaginaire collectif, comme l’aboutissement du jardin. Ce jardin sumérien si célèbre était un chef d’œuvre d’hydrologie et de terrassements. L’eau a toujours était d’une importance primordiale pour la ville, avec un jardin au centre des villes c’était  la possibilité de démontrer la volonté politique de la maîtrise de l’eau. L’un des exemples les plus importants sous l’antiquité est le Grand Canal de Chine, 大運河, long  de 2.000km entre Beijing et Hangzhou il est daté du Vème siècle avant JC. D’autres jardins antiques « plus sauvages » ont été remarqués pour leur portée reposante. C’est le cas du jardin Grec où les philosophes aimaient à enseigner et discourir tout en marchant, on parle de philosophie kinesthésique. Dans ce cas précis le jardin est avant tout une affaire publique, visible de tous. Certains jardins comme chez les Egyptiens seront plus cultuels car liés à des temples, tels celui de Karnak, mais ces lieux restent aussi ouverts à la population dans le sens large. Dans toutes les civilisations antiques, plus que le jardin c’est l’arbre qui va développer une symbolique forte : celle de la vie. L’arbre de vie est avant tout un symbole qui va devenir universel et traversera les siècles. D’ailleurs nous le retrouvons dans les jardins dits du « moyen âge » au centre de parterres thématiques. Dans ce cas précis, l’arbre prend une dimension christique, comme le Saint Sépulcre au centre du Dédale de la cathédrale d’Amiens. Le jardin se veut initiatique, il soigne, il émerveille. Il faut affronter des « épreuves »  pour atteindre le centre et conquérir la rose.  La rose, ou l’arbre au centre du jardin altomédiéval est Jésus, le Christ, l’amour, un but en soi. 


jardin de boboli

 

Jardin de Boboli, estampe  du XVIIIème siècle, conservée à British Library, London, UK

 

Les humanistes de la Renaissance vont vouloir conserver de ce jardin médiéval, le seul labyrinthe car il y associe une évocation alchimistique et une quête perpétuelle sur soi. Le jardin de Boboli à Florence dessiné en 1540 par Nicolo Tribolo pour Eléonore de Tolède est considéré comme le premier jardin renaissant. Et sera le modèle de la plupart des parcs Européens pendant près de trois siècles.  Dans le plan ci-joint nous pouvons lire un plan très structuré du jardin, fait de perspectives, de fontaines, de plan d’eau, de bosquets. Il faut signaler la révolution esthétique que furent cet espace. Le jardin devient un espace très vaste dont les volumes sont structurés et ponctués. Cette volonté de toujours éveillé l’œil va entraîner le développement de l’art topiaire et l’ingénierie des fausses cascades et autres fontaines. Dans la même époque nous pourrions citer de nombreux exemples de jardins exceptionnels à travers l’Europe, mais nous limiterons notre propos sur deux chef d’œuvres de l’époque. Le premier, sont les terrasses du château Neuf de Saint Germain en Laye dessinées par Philibert Delorme qui furent considérées comme les plus belles de toute l’Europe.

 

Chateau Neuf de St Germain en Laye

Saint Germain-en-Laye. Château-Neuf. 1637, dessin de Guillaumot, Auguste Alexandre (1815-1892), conservé aux archives nationales

 

Cet impressionnant travaille de terrassement montre déjà la volonté de former le paysage selon l’esthétique mais aussi selon la locomotion. Puisque les longues rampes permettent aux carrosses de traverser aisément le parc. Le second chef d’œuvre de la France sous la renaissance dans l’art du jardin est la fontaine de Bernard de Palissy dans le jardin des Tuileries. Commandée par la reine douairière Catherine de Médicis (1519-1589), la fontaine était faite de majolique sur lesquelles glissées l’eau avec un tintement cristallin. Malheureusement les hivers parisiens eurent raisons des terres cuites et sous l’effet de la cryoturbation, la fontaine s’effondra en quelques années. Après cette erreur de conception, les fontaines seront dorénavant faites en pierre et plomb. Ce jardin renaissant sera la norme en Europe jusqu’au Grand Siècle avec la volonté de Louis XIV de réformer les arts. Le roi décide d’utiliser les arts comme un moyen de propagande, après la refonte de la musique avec Jean-Baptiste Lully (1632-1687), du mobilier avec André-Charles Boulle (1642-1732), des Beaux-Arts avec Nicolas Poussin (1594-1665) et Charles Le Brun (1619-190), il utilisera les talents d’André Le Nôtre (1613-1700) pour inventer un nouveau type de jardin. Le jardin de Versailles qui en est la quintessence est aussi le jardin des superlatifs avec un grand canal long de 1.650m, plus de 2.000 fontaines et bassins, 212 statues, 43 Km d’allées, 23 km de treillages…Le jardin du Grand Siècle met en valeur la perspective, les bosquets adjacents deviennent des salons et font partie prenante de la demeure royale. Des fêtes somptueuses y sont célébrées.  Le but est d’imposer un pouvoir fort qui réussit à maîtriser la nature donc les hommes. Ce type de jardin aura un tel succès qu’il sera copié à travers le monde comme jardin entourant la plupart des résidences présidentielles. La maison blanche aux USA en est un bel exemple avec une perspective achevée par un Capitole entourée de bosquets lesquels forment par exemple le hibou symbole de la déesse Athéna évoquant la sagesse de la gouvernance. Ces dessins sont de la main de Pierre-Charles l’Enfant (1754-1825), architecte Français, c’est pourquoi Washington est une ville à la typologie unique aux USA.

Mais revenons à l’Europe et au tournant du XVIIIème siècle. En effet l’importance des Philosophes des lumières est non négligeable, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) en particulier rappelle l’importance de la Nature comme force primordiale. Ces écrits auront une résonnance toute particulière dans la conception d’espace plus intimiste comme le hameau de la reine Marie Antoinette (1755-1793) à Versailles ou les jardins à l’anglaise qui mélangent harmonieusement parterres de fleurs et animaux en semi-liberté. Le principe dans ce tableau idyllique est de démontrer que l’homme fait partie de la nature et qu’il peut au mieux la mettre en exergue, la sublimer. La révolution Française de 1789 va totalement modifier l’espace urbain.

Les grands parcs de Paris des maisons nobles vont devenir public et seront vendus à des promoteurs lesquels vont créer des Tivolis et autres Vauxhalls. Ce sont des parcs d’attractions au cœur de la ville. Cette époque trouble, violente qu’est la Terreur où chaque jour est un risque incite la population à profiter de l’instant. Il y a eu jusque 14 tivolis à Paris. Ce sont dans ces parcs que furent créées par exemples les montagnes russes. Cette idée fut copiée à travers toute l’Europe et seul Copenhague à conserver son Tivoli dont la fréquentation reste très familiale. Suite à la chute de l’empire et à l’occupation de Paris par les troupes anglaises et prussiennes, les tivolis firent faillites et les parcs parisiens furent en majorité abandonnés. Les grands travaux sous le second Empire avec le Baron Haussmann (1809-1891) permirent à la ville de se rebâtir mais surtout de s’ouvrir sur l’espace. Grâce à des moyens colossaux correspondant à 910 millions de Franc Or soit plus 50 milliard d’€ actuels, il redessine plus de 60% de Paris en créant de nouveaux parc : Montsouris, Buttes de Chaumont, Champs Elysées, en construisant de nouveaux bâtiments officiels phares comme la préfecture, l’Opéra, ou les gares et en traçant de nouvelles voies de circulation dont les boulevards des maréchaux. Lesquels seront fort décriés en particulier par les frères Goncourt qui tinrent ce discours : « ces boulevards permettent trop facilement la circulation et nous sommes envies » Il faut entendre dans ce propos la volonté farouche de la bourgeoisie de refuser toute mixité sociale. Les boulevards maréchaux ont permis à Paris de créer un réseau de circulation simple et efficace. C’était une volonté politique, cette planification dura une génération.

Comparons maintenant la situation Parisienne avec celle de Londres ou de Berlin. Londres à une situation tout à fait paradoxale. En particulier la City. Celle-ci est gouvernée depuis l’altomédiéval par le Guildhall, équivalent d’un regroupement de corporations. La mairie de Londres n’a pas son mot à dire sur l’agence urbanistique au sein de la city. Le cadastre est en effet tenu par le Guildhall. En 1666 un incendie terrible détruisit plus de 80% de Londres et près de 100% de la City. L’architecte et urbaniste Christopher  Wren (1632-1723) qui reconstruisit St Paul Cathedral, proposa aussi un plan de reconstruction de la City. Il proposa un plan d’inspiration Grand Siècle avec de larges avenues, terminées par des monuments afin d’accentuer la perspective et d’aider à s’orienter dans la ville. Mais une telle planification demande de recalculer le cadastre et d’étaler les travaux sur une génération. La City est avant tout un espace libéral et le Guildhall qui le régit était pressé de redynamiser l’environnement. Il a été décidé de reconstruire la city en 5 ans en reprenant le cadastre  existant. Le Guildhall opéra pour les mêmes raisons et de la même manière après le Blitz de la seconde guerre mondiale. Il en résulte de nombreuses conséquences. Londres et en particulier la city est la seule ville possédant un cadastre et un réseau de circulation médiéval avec une architecture ultra contemporaine dont les dimensions posent des soucis de transport des personnes et de sécurité. Sans perspectives ni points de fuite marqués par un bâtiment reconnaissable, l’orientation dans la city est très délicate. Si d’aventure vous posez la question d’orientation à un businessman, peut-être auriez-vous la chance d’entendre cette vieille galéjade digne d’un gentleman : we won the war, but in case the Germans would return, they get lost ! Enfin la tradition a été prise de reconstruire les bâtiments tous les trente ou cinquante ans afin de gagner en hauteur, ce qui explique une juxtaposition sans planification et une skyline atypique voir anarchique. Les bâtiments sont exceptionnels par leur qualité, leur variété et leur créativité, mais souvent le dialogue entre ces constructions est trop abrupt. L’urbanisme libéral de la City crée un ensemble unique, à la lecture complexe ou l’individu peut se sentir perdu.

 

 londres en 1593

Norden’s maps of 1593, conservée au Guildhall, London, UK


projet de londres en 1668

Projet urbanistique de Christopher Wren vers 1668, conservée au Guildhall, London, UK


la city

La City actuellement, London, UK

 

Dans l’autre opposé se présente Berlin qui fut à 80% détruite en 1945 et continue en 2011 à effacer les plaies de la guerre avec une planification urbaine très grande. La destruction de Berlin, fut l’occasion pour les décideurs d’offrir une ville verte avec des espaces doux et larges. Le parc de la Chancellerie est particulièrement remarquable en ce sens. Un parc sans réelle bordure, où les avenues, les plans d’eau, les édifices publics s’entremêlent dans une grande harmonie. L’une des plus grandes particularités de Berlin se situe dans son île aux musées, véritable galère monumentale voguant sur l’Elbe tout droit venue de la Grèce antique. Quelle surprise, quel choc que de découvrir un ensemble architectural de type hellénistique de grande envergure ! Cet ensemble est remarquable par son homogénéité et il s’en dégage une force toute remarquable. On peut critiquer ce côté « autoritaire » de l’urbanisme, cet aspect rationaliste. Mais il faut convenir que cette sectorisation permet une facilité de circulation optimale. Et le transport reste, de fait, le problème majeur des villes contemporaines. La sectorisation permet d’offrir une planification des flux. Et c’est justement cet aspect-là que Berlin essaie de temporiser depuis la réunification. Car la sectorisation des activités peut vite mener vers une ghettoïsation, et ensuite entraîner le risque de tension social. C’est pourquoi la municipalité et l’Etat s’obligent à réhabiliter les espaces industriels de Berlin Est en logement, afin d’éviter la formation de ghetto. 

 

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        L’île aux musées à Berlin, classé patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, construite entre 1823 - 1907

 

Après l’étude rapide de Berlin, nous pouvons développer les théories urbanistiques de l’après seconde guerre mondiale. Les facteurs seront multiples. Par exemples aux USA va émerger dans les années 60, le Land Art. Ce mouvement artistique promeut un art monumental inscrit dans la nature et le temps. L’œuvre est un détournement artistique de la nature qui dévoile ainsi son intime beauté. Le Land Art est à l’origine d’une forme d’écologie rationnelle où l’Homme peut révéler le meilleur de la nature en l’observant. Y plonge les idées du mimétisme industriel, des énergies renouvelables, et de la beauté par les formes simples et répétées. L’une des œuvres les plus influentes de cette génération est la Spiral Jetty réalisée par Robert Smithson en 1970.

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        Robert Smithson, Spiral Jetty, 1970 

 

 

 

Dans un esprit tout à fait différent, il faut citer la ville libre de Christiana à Copenhague. Cette aventure commence en 1971 et perdure encore aujourd’hui. Faute de logements corrects et de liberté, une cinquantaine de danois prennent possession de l’ancienne caserne de Bådmandsstræde. Aujourd’hui l’expérience continue toujours, dans un espace de 34 hectares, l’on y compte 1000 habitants, et s’y trouve aussi une crèche, des fermes et des espaces sportifs. La « ville » bat monnaie et possède son propre drapeau, mais ne fait pas partie de l’Europe comme il l’est signalé à la « frontière ». Son mode de fonctionnement est basé sur l’anarchie totale. Aucun gouvernement officiel ne coordonne l’ensemble. Ce quartier unique en Europe, au centre d’une capitale riche a ouvert l’esprit des urbanistes sur la possibilité de faire autrement. Qu’il existait d’autres manières de concevoir l’espace. L’individu avait désormais sa place. C’est une cristallisation de l’esprit de mai 68. Notons que les autorités Danoises ont décidé récemment de transformer ce quartier. En 2005, la destruction d’une maison de Christiana, entraîna la première émeute à Copenhague depuis plus de 40 ans. Mais ce quartier est en train de disparaitre de lui-même par un phénomène de gentrification intense. Ce quartier libertaire est devenu en 5 ans l’un des quartiers les plus tendances, avec quelques grands restaurants et autres bars design. Cette expérience unique d’anarchie appliquée comme système de vie, montre en lui-même ses limites. Cette aventure de 40 ans aura ouvert des portes dans les mentalités occidentales dans les domaines de la vie en société, de la gestion de l’espace et du partage des richesses. Même si le quartier disparaît, à n’en pas douter qu’il restera dans l’Histoire comme un élément majeur de tentative utopiste, apportant son lot d’innovations et de philosophies. 

 

 

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Quartier libertaire de Christiana, importance d’une nature sauvage avec quelques maisons éparses, 1971

 

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Quartier libertaire de Christiana, une conception  anarchiste de l’espace publique

 


 

En France, les années 70 sont marquées par les logements dit « Danielle Casanova » à Ivry. Construits par Renaudie et Gahouistet, ils apportent une réponse à la volonté de l’individu de posséder son jardin et de n’être vu par aucun de ses voisons. La conception individualiste de chaque appartement oblige le bâtiment à prendre la forme d’un cristal aux multiples facettes.

 

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Logement Danielle Casanova, 1970

 

La création du parc de la Villeneuve à Grenoble par Corrajoud, Ciriani et Huidobro en 1974 prônent que la ville est un paysage en soi. Pour se faire, il va être dessiné dans les espaces publics de hautes collines qui répondent à la hauteur des bâtiments les entourant. Ce dialogue permet aux tours d’habitations de s'intégrer pleinement dans l'espace.

 

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Parc de la Villeneuve à Grenoble, 1974

 

 

 A partir des années 1980, de grands travaux publics comme le parc Javel Citroën ou le parc de la Villette vont permettre de tester de nouvelles approches lesquelles vont souvent favoriser un grand espace public entouré de plus petits espaces plus intimes. C’est une réécriture du jardin à la Française de Louis XIV. Si ce n’est qu’une volonté marquée va être définie par la mise en valeur de l’espace à disposition et non de rechercher un schéma général évoquant une forme simple.

Cette chronologie de l’espace public à travers le jardin nous invite à nous questionner sur la forme qu’ils prendront dans les années à venir. Quels sont les projets qui marqueront l’avenir ? Quels seront les modèles de demain ? Et sur quels critères pouvons-nous les juger avec objectivités.  Les facteurs seront évidemment l’écologie, la biodiversité, l’esthétisme, et la lisibilité.

Plusieurs projets sont remarquables à plus d’un titre nous pouvons en choisir quelques-uns parmi une quinzaine d’exposer.

La biodiversité est la clef de voûte du zoo, et la reconstruction de celui de Vincennes doit montrer cet axiome. Cet espace public, qui a aussi une obligation scientifique de sauvegarde des espèces animales se doit de satisfaire autant les spectateurs que les animaux conservés dans leur enclos. Dans ce cadre, le pari a été choisi de diminuer le nombre d’enclos, de les agrandir, en réalisant des biotopes plus réalistes où l’animal pourra se cacher si la pression est trop forte. Cette présentation de l’animal au public n’est possible qu’après une éducation de celui-ci à l’écologie. En effet il doit accepter de ne pas voir l’animal dans son enclos quand celui-ci se cache pour se reposer. Ce projet montre combien l’urbanisme est lié à l’éducation, à la sensibilisation culturelle du large public. Pour qu’une architecture, un urbanisme soit bien compris et accepté, il doit correspondre aux attentes de l’individu. Il doit suivre ses évolutions.

 

projet du zoo de Vincennes

        Projet de réhabilitation du rocher aux singes du zoo de Vincennes pour 2016

 

 


Un autre projet majeur dans le monde est la High Line de New York qui est le fruit du réaménagement d’une voie de chemin de fer traversant New York en artère verte. Ce projet important dans ses dimensions et sa complexité offre une reconversion remarquable pour une friche industrielle qui transforme un no man’s land en un atout majeur de la circulation et du bien-être. Un important travail a été réalisé sur le mobilier urbain qui semble émerger du sol. Et une recherche unique a été faite pour évoquer le côté « friche », avec par exemple un béton creusé de failles d’où jaillissent des gerbes de graminées. Le recyclage du chemin de fer en parc urbain a stimulé le développement immobilier dans les quartiers qui se situent le long de la ligne. Le mairie a noté que le projet a contribué à l'avènement de quelque chose d'une renaissance dans le quartier : en 2009, plus de 30 projets ont été planifiés ou sont en construction à proximité. 

Le crime a été extraordinairement faible dans le parc. Peu de temps après la deuxième section a ouvert, le NY times a rapporté qu’il n'y a pas eu de rapports des crimes graves comme les agressions ou de vols depuis son ouverture. Les défenseurs du parc attribuent ce constat à la grande visibilité de la High Line à partir des bâtiments environnants, une caractéristique de conception inspirée par les écrits de l'urbaniste Jane Jacobs . «Les parcs vides sont dangereux. Les parcs occupés le sont beaucoup moins. Vous êtes pratiquement jamais seul sur la ligne haute."

 

 

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        Différentes vues de la High Line de New york, 2009

 


Le casino de Singapour nommé le Marina Bay Sand inauguré en 2011 est remarquable par sa hardiesse et sa technologie. Au sommet des tours de 200m sont posés : un jardin, une piscine et une promenade. Les villes asiatiques comme Singapour sont confrontées à des densités à la croissance exponentielle sans la possibilité de s’étendre. L’une de possibilité est d’utiliser la troisième dimension. Si nous osons la comparaison de cette architecture avec l’esplanade de la Défense, ce jardin suspendu est beaucoup plus audacieux et novateur dans le concept. Car culminant à plus de 200m, le jardin suspendu, laisse les rayons du soleil éclairer le sol. A la différence d’un patio, ce projet ne met plus les bâtiments en valeur, mais ce sont les constructions qui mettent le jardin en évidence. Un projet similaire est en construction à Hong Kong ou un cinquième de la ville serait recouverte d’une dalle culminant à 200m pour offrir de nouvelles activités et opportunité à la ville. Ces projets portent en leur sein la stratification de la société. Les pauvres vivants en bas, là où la luminosité est la plus rare. Le risque de vivre dans une ville dans l’esprit de Blade Runner ne semble plus si loin.

 

 

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Casino de Singapour inauguré en 2010

 

 

 

Il est aussi intéressant de regarder la réhabilitation d’un patrimoine controversé. Par exemple la base sous-marine de St Nazaire construit par l’organisation Todt entre 1941-1943. La particularité de ce bâtiment est sa solidité, les murs en béton épais de 7m n’ont nullement soufferts des 60 dernières années. Les dernières analyses par ultra-son, montrent même que le bêton vient tout juste de sécher au centre des murs. La construction est conséquente : 300m de long sur 130m de large et 18m de haut. La municipalité est tiraillée entre la volonté de détruire de bâtiment qui gêne le développement du port et la conservation du patrimoine historique. Le second parti a été choisi et des projets d’aménagement artistique ont été dessinés. La réalisation principale est le jardin Pérenne sur le toit du bâtiment. La réalisation ne fut pas évidente car le toit en bêton armé pouvait interagir avec le substrat, il a donc fallu poser des bâches et importer une terre neutre pour pouvoir planter les arbres et autres herbacées. Le résultat a convaincu la population qui a visité l’espace. Pourtant nous devons nous poser une question délicate. Autant la restructuration de la High line à New York ne portait ni atteinte à l’histoire ni à l’urbanisme puisque de nombreux ponts ferrés existent à travers le monde. Autant la base sous-marine de St Nazaire est unique par ses dimensions et son histoire. Elle est un bâtiment aussi important qu’un château fort du moyen-âge. C’est un marqueur de l’Histoire. Il pourrait être reproché au jardin pérenne de dénaturer le site. Dans ce cas précis, le jardin doit être conceptualisé comme une restauration sur une œuvre d’art avec ce principe : tout ajout doit pouvoir être retiré sans que l’objet originel en soit abîmé. Cette question soulève l’épineux problème de l’insertion des monuments historiques dans le tissu urbain. Souvent le lien se fait grâce au jardin qui peut être considéré comme une construction temporaire.

 


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Projet de réhabilitation de la base de sous marins de St Nazaire

 

 


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Projet  de la base sous-marine

 

 

Tous ces projets urbains qui s’articulent sur le jardin obligent les concepteurs à travailler sur différentes notions. Cette troisième et dernière partie de l’exposition est certainement la plus difficile à appréhender. Ce sont de véritables cahiers de recherche qui ont été reconstitués. Quand l’urbanisme évoque la notion de ciel, il réfléchit sur les questions de limites, d’horizon, de perspective, d’harmonie et de lumière. L’une des recherches les plus poussées et les plus spectaculaires est sur l’eau. Cet élément tellement présent dans les jardins depuis l’antiquité, n’a de cesse d’éveiller la créativité des urbanistes. Essentielle pour la vie, elle peut être force destructive et tout emporter dans une pluie diluvienne. Autant les jardins du XVIIIème étaient friands d’eau en mouvements avec des cascades, jets d’eau et autres fontaines à tuiles bruissant sous le poids de l’eau. Autant les jardins contemporains s’inspirent du zen japonais et offre une vision de l’eau sereine, reposante et calme. Est-ce pour contrebalancer notre activité boulimique ? L’exposition ne recherche pas de réponse de ce côté mais penche plus vers une volonté minimaliste largement répandu dans le design contemporain. Les jardins aussi suivent les tendances. Par contre la lumière est le fruit d’une recherche toute particulière depuis quelques décennies. Les jeux des miroirs dans les jardins, de l’albédo des plans d’eau, et des treillis permettent d’organiser les espaces sans le séparer physiquement par des bosquets et autres rangées de plantes rampantes. Cette notion entraîne de suite une recherche sur la notion d’espace. Le jardin est-il un espace définit. Doit-il être délimité par des grilles, murs, murets ? Doit-on envisager des perspectives, des points de vue panoramiques ? Le jardin doit t’il s’infiltre entre les bâtiments, occuper les boulevards, monter sur les murs. Ces dernières années avec les murs végétalisés, les longitudes vertes, les toits écologiques, le jardin a conquis de nouveaux espaces autant par esthétisme que par écologie. Cette notion d’ailleurs est la dernière abordée sous le titre du milieu vivant. Le jardin est un écosystème fermé en lui-même. L’une des premières expériences historiques en ce domaine fut l’invention d’une « réserve artistique » de 1 097  hectares en la forêt de Fontainebleau en 1861 qui était la première réserve naturelle au monde avant le Parc national de Yellostone aux États-Unis qui fut créé en 1871. Actuellement il y a 108 réserves protégées en Europe qui montrent que le système forestier peut se gérer sans intervention anthropologique. Cette découverte a permis la naissance de nouveaux types de parcs, comme celui de l’île St Germain en 1980 dans lequel n’est utilisé aucun pesticide, ni arrachage violent. Des hôtels à insectes, des mares et des prairies ont même été réalisées pour favoriser la biodiversité. Ce jardin de 18 hectares permet des gains de coût en personnels et en matériels. Cette évolution est encouragée par la situation économique actuelle mais également par la prise de conscience du grand public sur la conservation des espaces et la protection des espèces. Dans le même ordre d’idée les municipalités n’hésitent pas à introduire des ovins pour occuper des espaces difficiles d’accès aux services municipaux. Ce type de projet allie protection d’espèce spécifique, sensibilisation des citadins à la nature et économie sur le long terme.

 

 

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        Installation des moutons et chèvres sur le talus du RER à Issy les Moulineaux en 2010

 


Les jardins passés, présent et en devenir que nous venons d’explorer nous rappelle combien cet élément urbain est bien plus qu’un simple poumon vert à la ville. Le jardin est porteur de pouvoir,  de valeur économique, esthétique, philosophique, humanistes et écologiques. Plus qu’un espace clairement défini l’espace le jardin joue sur de nombreuses notions qu’elles soient physiques, émotionnelles ou même temporelles. Les défis de la ville du futur sont impressionnant et il est fort à parié que le rôle du jardin n’en sera que plus renforcer. Tous en se réinventant constamment, le jardin tend à devenir un élément symbiotique de la ville. Les frontières entre ces deux espaces vont-elle tendre à disparaître. Est-ce la ville qui va se fondre dans le jardin, ou le jardin qui va s’imbriquer en osmose dans la ville ? Ces lignes de recherches restent encore en pleines voies d’exploration.

 


 

 
Par Thierry TESSIER - Publié dans : urbanisme et architecture
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